23.1.13

Sonnet poétique

Ce matin tu as lu une fort jolie rue
Réminissante en vers du jeune Apollinaire
Mais toi hurluberlu du nectar défendu
L’alcool qui désaltère en as bu plus d’un verre

Shoot de haschisch tu lis Rimbaud et ses pastiches
Tu fumes avec Verlaine vers impairs migraines
Bois le nectar-liche irréguliers hémistiches
Du mal-aimé fougueuse haine igné hymen

Tu écris une autotélique poésie
La monotone vie d’une alcoolémie
Des Limbes mythifiées et des fleurs condamnées

Négresse blonde des profondes catacombes
La poésie et du monde et du temps tu sondes
Toi avec les regrets des tout premiers sonnets

21.1.13

Eglise et société

Société :

Un ordre carolingien
C’est un ordre incertain
Celui que Clovis
Dans Beckett hisse
Comme un drapeau
Un coup dans l’eau
La plus belle anarchie
L’amitié du faux-ami
Ils montent lentement
Boueux crasseux fainéants
Les rois « caracoles »
Et le roi aux boucles folles
D’Epictète aux oreilles des anciens
A nous aux cieux Olympiens
La bouffe le vin
Dans la bouche des bons-à-rien
C’est une chenille infinie de
Nombreux Pippinides
Rois de pêcheurs priant
Rois des poissons gobant
Dans l’aquarium la salade
Les pages fines de la Pléiade
Le A noir que le poète fonde
C’est un noir-tombe
C’est maman maltraitée
C’est l’amande amère avalée
Ainsi se comportent les sires
Les dents pourries de beaux dires
Les mains pleines d’armes
Les poches pleines de larmes
Les yeux pleins de sable
Pour ne pas voir dans l’étable
L’écuyer et les chevaux
De l’un maître de l’autre bourreau
A force de piquer son derrière
Avec les guerres d’Angleterre
On joue aux morts
On prévoit notre sort
Les rois le rapprochent
A grand coups de cloches
Mais les amours nous éloignent
Du royaume de Charlemagne
Des rois « caracoles »
L’ordre carolingien auréole
Avec Clovis au cri de
« A mort les Pippinides ! »

Eglise :

Je l’ai vu passer
Vers le Sud pour migrer
Le Christ d’Apollinaire
Agitant les bras en l’air
Il n’y a rien ici
Que du mange-petit
Il va vers l’Afrique
Fuyant Buddha l’asiatique
Car comme une pie
Que les pains multiplie
Il ne sait voir
Autre chose qu’or et ivoire
Son ombre fait le soir
Tout est noir
Tout ivoire
Sous son œil dilaté
Où l’on s'est fait baptiser
Dans sa pupille
Où le péché brille
Les petits morts de faim
Prient main dans la main
Prient pour les pains promis
Une auréole une eucharistie
Le banc n’égratigne pas les genoux
Qu’aux pêcheurs aux sapajous
Et le Christ sur sa croix
Cloué des jambes et des bras
Rempli le Graal
Dans son dernier râle
La bouffe et le vin
Des rois carolingiens
Comme le corps et le sang
Du Christ sanglant
On n’explique pas l’eau bénite
Qui doit sortir de sa bite
Une pisse si claire
Sur un sujet m’éclaire
C’est le cloué ce salaud
Qui boit toute l’eau
De l’Afrique magique
Belle et exotique
Mort aux marabouts
Aux statuettes zoulous
Frappées pas l’épée
De la croix retournée
Et une prière baveuse papale
Obscure dans un latin sacerdotal
Pour les rois fainéants
Au teint blanc
Pour la mort de la négresse
Dans sa blonde pauvresse
Toutes les coccinelles
Soutenant par les aisselles
La larve blanche
Qui dès qu’elle sort enclenche
La récitation universelle
De la prière au Dieu éternel
Pendant qu’ensanglanté
L’aigle saigne des péchés
Et que dans les monastères
On fourre la prière
Dans la gorge des enfants
En guise de Saint-Sacrement

29.9.12

Oubliée, trouvée

Je viens de trouver cette poésie dans l'Iliade, que j'ai emprunté à ma grand-mère, de l'édition 1884. Ecrite à la main, sur un bout de papier arraché.

Mais j'ai vécu et je n'ai pas vécu en vain
Mon esprit peut perdre sa force, mon sang, son feu
Il y a en moi quelque chose qui découragera
La toiture et le temps et vivra quand je ne serais plus,
Quelque chose qui n'est pas de la terre à quoi ils ne s'attendent pas
Comme l'écho lointain d'une lyre muette
Se glissera dans leurs esprit calmes, pour émouvoir
Dans des coeurs, aujourd'hui de glace, le tardif remords de l'A

22.9.12

Hibiscus

Couverture de lotus
Pour les amours bleus
Plante-les dans les creux
Au fil des flux et des reflux

Patron répété au fil
Du temps de la drogue
De mon dur cœur d'argile
En forme de pirogue

Avec la finesse de l'infarctus
D'un mauvais acteur
Mes amours se meurent
Sous la couverture de lotus

Fini les cris à l'immensité
De l'attirail de femmes
Que je garde prêtes à consommer
Des viscères jusqu'à l'âme

Unis dans l'espace deux hibiscus
Par la non-gravité
Me revoilà à ton arrêt
Avec la finesse de l'infarctus

12.7.12

Balançoire en émail

Laissons-nous hiberner
Dans un printemps sans fin
Jusqu'à nous arrêter
À l'été de la Saint-Martin

Posons nos carcasses
Dans l'auberge à la croisée
Des amourettes lasses
Et des jeunes énamourés

Creusons un trou
De nos voies unies
Charme-moi sous
Ton sourire infini

Là où le temps se crible
Et l'on tombe dans l'engouement
Au fond de l'indescriptible
Lueur d'un soleil couchant

Qui vous aveugle pour sûr
Mais je préfère tes yeux
Au bel et bleu azur
Qui balance dans tes cheveux

Creusons un trou
De nos voies unies
Charme-moi sous
Ton sourire infini

Un tout petit bout d'Eden
Une Atlantide sous la mer
Une abbaye de Thélème
Et le feu d'Apollinaire

On n'aime sa pigeonne
Que trois jours et pourtant
Sa douce voix sonne
En écho pendant cent ans

22.6.12

Madrid

Je me ballade une dernière fois
Dans les rues où je suis né
Où j'ai trouvé amis, amours et moi

Pourtant je ne suis qu'un étranger
L'homme que l'on regarde de travers
Même quand je monterai sur Paris

Je parlerai une langue étrangère
Sans terre sans sang et sans patrie
Je paye mes hommages au sol

Celui qui m'accueillit dans mon bas âge
Celui où les jeunes boivent l'alcool
De la fête et de la passion érophage

A todos mis amigos de España

2.6.12

Les robes

Tu es une voile gonflant au vent
Battant contre ces deux magnifiques mats
Qui sous ce papier à mes yeux s’offrant
Je caresse du regard de haut en bas

Oh Dieu Auster tu ne me donnes pas
Le plaisir de voir lever ce léger drap

Quand je vois du fond de la rue
S’avancer cette flotte vers moi
Me prend l’envie de me jeter dessus
Ou plutôt en dessous de ces bas

Oh Dieu Eole déchaîne tes vents
Au plus grand plaisir des passants

Sans faire exprès je tombe souvent
Aux pieds des navires à courte voilure
Leur coque de muscle bien remplie
Est pour moi la plus belle des toitures

Oh Dieu Favonius sois aimable
Et laisse-moi voir cette chose adorable

Jupiter n’emporte pas les hors-bords
Ils sont à nos yeux, à nos pensées
Leur roulis de tribord à bâbord
Nous font à leur vue chavirer

Oh Dieu Vulturnus soulève-les
Les voiles outrageantes de la liberté