2.1.22

Le roi déchu

On voulait se détendre mais dans la chambre
Ya des chutes de cendres et toujours pas de neige en décembre
Les beaux jours dans la montagne et jveux pas redescendre
Vivre avec un pagne accompagné de mon chanvre
 
Mais si le climat change faudra palier la mauvaise chance
Se cacher dans ma caisse à l'ambiance étrange
Heureusement elle reste étanche
Jveux la test avant qu'elle flanche
Jveux un zeste de cette vie fraîche dans un calèche
A l'est d'un pays vert
En plein hiver
 
Voir la voûte céleste et pas le PIB
Dévaler à pied toute la France
Pour pas compter la vitesse en essence
 
Descendre apprendre le sens de "la vie est belle"
Mais pas de la décence 
A Méribel
Elles bougent leurs hanches et je trouve ça sensationnel
Danser sans cesse distrait par les femelles
Sans stress et sans satisfaction
Car ça se sait j'ai pas de maison
Où gouter des fesses en fusion
 
Jsuis au bout d'un chemin sans issue
Où jprends goût à rester serein même déçu
 
Vois le dessein du roi déchu
Descend des bois à la boîte pour bouffer du foie gras et dla chatte
 
Jdéboule
Avec le sang qui bout le nez qui coule
Le videur géant me dit
Keep cool
T'as dla gadoue jusqu'aux boules
Faut pas te fouler t'es pas dans le moule

T'inquiète
Jme la coule douce
Jsuis venu de la brousse avec mon marteau et l'opinel 12
Jsuis maussade
Jveux un zeste de cette vie chaude
La sono à bloc
De sexe dla coke
Des prods et des gogos en stock

Poto
J'ai pas appris à me déplacer en glissant sur l'eau glacée
Pour rester kéblo à l'entrée

Mais le colosse n'a pas bronché
Mesquin il me dit jsuis pas branché

Faut voir le destin du roi déchu
Dans une nuit sans chute
Chercher la chaleur et le chahut



Salar de Uyuni, Bolivia
 

12.9.17

La plume pèse moins que ton coeur




 Masaaki Hatsumi training with Takamatsu-sensei


On se promet de ne plus souffrir troquer l’énergie sans savoir ce qu’elle coûte contre le pouvoir de la technologie qui soutire l’oubli et le doute sans pourtant pouvoir prédire l’inconnu ou découvrir l’indéfini

Un défilé de mot fades fabrique des affiches implacables qui fichent ton cerveau en friche et le placardent
Marques de styles de bottes de cires dentifrices et missiles
Effilochent les cordes de la lyre par l’infime faute des faux-sages
Qui remonte l’œsophage et crache une bile maussade de mots sales
Car quand s’en va la douleur qui comprend ceux qui se cachent sans couleurs entre les rats et les couleuvres

L’homme sans l’œuvre de la solitude et l’épreuve
Les tares l’habitude et l’erreur
Prépare son propre meurtre son plus grand leurre
Traquenard de la dernière heure
Pour celui qui s’occupe plus du sort de son corps que de celui de son cœur

Osiris s’abreuve de la mort et fais preuve de quiétude car l’usure de la vie rude est son sort
Et le rut sans mesure de la terre et l’azur le recouvrent d’encens et d’or

Je sens le vent qui m’use et m’offre une vie éparse sur la Grande Ourse avec une cornemuse et une muse épave
Sa petite sœur rend mon corps fort ou malade et mon cœur se balade écoutant le morse de Mars à travers les forces de la terre et l’écorce en morceaux qui crépite du bleu au bordeaux
C’est de là que je sors le fardeau des Ormeaux de l’au-delà offrande de l’effort et l’émoi

14.5.17

CVHSABLR (en construction) (Co-écrit avec Valentin Larchet)

J'étais si heureux d'avoir volé la reine mais deux orgueilleux font souvent des scènes et cachent leur jeu sous la fumée du feu hellène
Inéteignable j'ai de la peine car elle est inatteignable
Elle me mène sans qu'on le sache j'attends qu'on s'aime avant que passe le marchand de sable mais l'amour est instable
A rebours égarés par nos égos depuis qu'on s'est rencontrés dans un bar avec une bière ton regard et un mégot
Passe le temps mais pas ma joie souviens-toi suis-je Mélénas qui t'as pris souvent ou Pâris qui t'éprends
Le paria chante des arias pour la belle
Je crois te voir disparaître à chaque ruelle oh cruelle nous sommes disparates au fond de nous-mêmes mais je veux être dans tes bras et mordre le bas de ton aisselle
Hirondelle je fonds sur toi comme un faucon non un flocon faut qu'on arrête la prose commencent les vers de cette chose amère qui vole comme une immense montgolfière


[Texte de Val]


Leurs voluptés se mélangent et colorient la veine des hanches de la femme qu'elle aime et seules en ménage elles s'allongent et sèment sur leurs cimes leurs salives et leurs haleines sans se soucier de la peine qu'elles se donnent de s'associer
Quand elles s'adorent et s'adonnent à des dîners dandys
Se dandinant dans le lit de noce des nonnes des tonnes d'envie
Elles se rossent et se cognent pour prendre le téléphone de leurs ex-petits amis
Sexe tise love comme à Miami
Mi-amies mi-amantes elles ressentent déjà le bâton et la carotte du matelot et de la marmotte des quenelles qui se décalottent

Invite-les tout de suite
Ils arrivent pour être ivres vite chargés de pensées sales et de vivres à moitié vides
Ça va encore parler de Sade sans ouvrir un livre et les voisins écouteront de loin le son de l'amour libre

Les groins des goinfres se bâfrent de vos éternelles balafres la lymphe de nos aphtes offre des affres aux nymphes
A l'infini
Et quand tu as fini je te fais un décaféiné afin que dès que t'aies encore faim
Tu viennes becqueter les marins
Pendant que délectés de vos seins on bouge au rythme de vos reins
Ces vauriens vous dévorent et décorent vos corps de caresses et de cordes
L'accord de tendresses en désordre d'un deux trois quatre personnes
Se berçant derrière des persiennes parisiennes
Les princesses vont devenir des reines
Car reviennent les mécènes les messies les médecins de vos soucis
Quand sanglotent vos glottes contre les nôtres de cet apôtre prend l’Ostie
Et pas de pronostic sur les corps ni l'acoustique des saltimbanques arithmétiques








23.3.16

Une branche de bois d'if

Je suis des cœurs dont la hantise est de se figer dans les hauteurs des amours de quinze piges j'aime l'odeur du calme et de la crise des regards qui crissent ou se dégrisent
Je suis prêtre car ma poitrine est une église et pas une vitrine ni un portail qui cache ton portrait ou cette rare prise
Je m'assassine à chaque cycle et sa reprise en arquant ces cercles divers de mépris et passion pour marquer l'air des signes et sons de solistes qui me servent de pistes et de ponts 
Quand le goût de ta peau est amer sur mes lèvres de con
Je fais des vers qui me sèvrent et enserrent mes muscles de laiton et d'air mon buste porte ton blason mais ma main sa bannière pour la planter en terre conquise moi qui suis fils de la mer et n'amène que la brise le vent use et attise la flamme qui amuse mes muses et mes femmes j'accuse l'absence et l'essence d'un sentiment instable avec calme
Les yeux révulsés mon dieu descend tout usé il est vieux et seul en sang seul lui su aimer longtemps avec dessein ou décence la somme des rencontres venues des cieux à son errance
Mais dans ma trance je suis un prêtre hérétique qui danse sur le tracé de glyphes traîtres et hypocrites de longs corps sans têtes gisent dans mes griffes et se brisent avec le bruit d'une branche de bois d'if

15.6.15

Sueña le sommeil

Aux portes de Saint Pierre
Dans le jardin des derniers ébats
J’ai oublié mon amour sous la serre
Endormie dans les lilas
Peur de ne partager son lit de mort
Qu’un autre la recouvre de son corps

Quand deux pleines lunes vêtues de nonnes
Ont eu un sourire
Lumineuses rides d’automne
M’ont fait comprendre leur divin loisir
L’indicible qui les unit
La gravité la Vierge Marie


A las puertas de San Pedro
En el jardín de últimos amores
Olvide a mi amada bajo el almendro
Dormida entre girasoles
Miedo de no compartir su lecho de muerte
Que otro cubra su cuerpo inerte

Cuando dos lunas llenas vestidas de monjas
Tuvieron una sonrisa
Arrugas de luces rojas
Me mostraron al dios de su misa
Lo que anula su soledad
La Virgen Maria la gravedad



17.10.14

L'absence d'un espace

L'instant d'un déclic
Dans un cercueil phallique
Cadavérique
Je me détends

Imperceptible arrachement
D'une explosion intérieure
Ablation du sentiment
De mon habituelle frayeur

Je ne suis pas là pour écrire

Mon ventre est un foyer éteint
Les braises de mes membres le rallument
Mon esprit a déteint
Sur l'ellipse de Saturne



30.8.14

La espera

El hombre es la materia
Rechazando al cambio
Al tiempo y a la bacteria
Y bien pues no tienen cien pies
Ni alas pieles garras y patas
Tienen balas penes y garrapatas
Y bien pues nunca fueron alegres
Se quejan de la vida breve
Del dinero el vicio o la plebe

Ser sincero en mi oficio busco
Cada cosa tiene su orificio justo
El instante su gusto

Somos ignorantes y beatos
Y de rodillas menudo retrato
Pero qué alegría que sin mí
No existiría lo que vi
Pues solo me veía a mí mismo
Viendo un truco de hipnotismo
Adopta el movimiento semejante
A una conciliación
Cada momento es la conclusión
De un instante